Les randonnées

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Tous les conteurs en connaissent. Ellles permettent de dynamiser une racontée et de faire participer le public, quel que soit son âge.

Les contes de randonnée ou "contes en chaîne" se caractérisent par une structure répétitive et cumulative. La structure cumulative peut aussi se combiner avec une structure en miroir. Les contes de randonnée peuvent être des contes merveilleux, des contes de sagesse, des contes d’explication…

Nous avons trouvé en ligne deux articles sur les contes de randonnées : le premier est de Marie-Claire Bruley, le second de Jean-Louis Le Craver.

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Voici une petite randonnée..."pour la route" !

LA CHEVRE QUI NE VOULAIT PAS PASSER LE PONT

Il y avait, une fois, un homme et il menait sa chèvre au marché.
Arrivés à l'entrée du pont, la chèvre refusa d'avancer. Le bonhomme, en colère, appela un chien, et dit :
"Chien, mords la chèvre!"
Le chien n'a pas voulu mordre la chèvre.


 

Alors le bonhomme a appelé le loup qui se promenait à la lisière de la forêt et il lui a dit :
"Loup mange le chien !"
Le loup n’a pas voulu manger le chien.
Le bonhomme a appelé un ours.
"Ours, éreinte le loup !"
L'ours n’a pas voulu éreinter le loup.
Il a appelé le bœuf.
"Bœuf, éventre cet ours !"
Le bœuf n’a pas voulu éventrer l’ours.
Le bonhomme a été chercher des lanières de cuir et il leur a dit d'attacher le bœuf. Mais les lanières n’ont point voulu attacher le bœuf.
Alors il s'est adressé au rat :
Rat, ronge ces lanières !"
Le rat n'a pas voulu ronger les lanières.
Le bonhomme a appelé le chat et il lui a dit :
"Chat, mange le rat !"
Le chat n'a pas voulu manger le rat.
Il y avait, appuyée contre le pilier du pont une grosse poutre.
Le bonhomme lui a dit :
"Poutre, écrase le chat !"
Et la poutre n'a point voulu écraser le chat.
Alors il a allumé du feu et il, a dit :
"Feu, brûle cette poutre !"
Le feu a bien voulu brûler la poutre et la poutre a bien voulu tuer le chat ; le chat a bien voulu manger le rat ; le rat a bien voulu ronger les lanières; les lanières ont bien voulu attacher le bœuf et le bœuf a bien voulu éventrer l’ours; l'ours a bien voulu éreinter le loup et le loup a bien voulu manger le chien; le chien a bien voulu mordre la chèvre.
Et la chèvre a passé le pont.
Le bonhomme a continué sa route, il n’avait pas fait cent mètres qu'il a rencontré les paysans qui s'en revenaient, le marché fini ; et il a dû reconduire sa chèvre chez lui. C’était tout ce qu’elle désirait. Elle ne voulait pas être vendue.

Léon Pineau
Les contes du Grand Père - Librairie Delagrave 1934