Interview d'Abakar Adam Abaye, à la médiathèque de QUEVEN (56)

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

"Balade dans le désert de Danguéléa"
Graines de parole


Sa parole vient de loin, sa particularité réside dans la manière de l'actualiser dans le spectacle et dans le présent de la scène.

Abakar Adam Abaye est tchadien et vit à Toulouse ; il est conteur, acteur et musicien ; il conte en habit traditionnel et s’accompagne d’une kora…
 
- Quand vous vivez à Toulouse, vous n’avez pas cet habit ; pourquoi vous produisez-vous en boubou ?
- Quand je suis dans mon pays, c’est comme cela que je m’habille et c'est comme cela que je conte : là-bas, je ne conte pas en jean ! Je ne suis pas dans la séduction, ni dans la caricature ! Je suis un noir porteur d’une tradition ! Je ne suis pas un griot !

- Vous introduisez votre racontée par une série de remarques sur la parole…
- Oui, je m'inspire librement d'un texte de Joseph Ibrahim Seïd qui n'était pas construit.

- Vous semblez prendre beaucoup de plaisir à conter…
- Oui ! Je m'amuse, je me lâche. Et j'imite l'autruche pour que les gens soient devant l'autruche. L'enfant encore dans le ventre de sa mère, ce n'est pas facile, essayez de prendre cent personnes dans la rue, vous verrez le résultat !

Abaye sait captiver son public, est capable d’incarner de façon très drôle : un bébé qui ne veut pas naître, une autruche "qui chie de l’or", une sage-femme : d'ailleurs, les femmes sont très présentes et de belle manière dans ses contes !
 
Son spectacle est généreux : l’introduction sur les pouvoirs et les dangers de la parole est inspirée d’un texte de l'écrivain Joseph Ibrahim Seïd, tchadien lui aussi, écrivain de la première génération des indépendances de l'Afrique, et se termine sur de beaux textes poétiques nous parlant de la parole, de la graine de parole que nous essayons de semer, nous conteurs d'"Il était une fois".


Propos recueillis par Monique et yann-fañch, le 2 février 2008