Autour du conte

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A la manière des haïkus

A la manière des haïkus

toiles d'araignées

Durant l'atelier du 21 mai nous avons rédigé des petits textes à la manière des haïkus. Il paraît que ces constructions ne sont pas très rigoureuses, mais ces pépites peuvent faire respirer une racontée. En voici quelques-uns :

 

Assise contre un arbre
Feuilles, oiseaux, volent
Mélancolie d’automne.

Cour d’école,
Enfants frivoles,
Temps d’avant.

La main saisit la main
Les doigts dessinent l’avenir
Cœurs apaisés

 

 

P1090279red

 

kusa wa shiroi
kinu no yuki mitai
manhiki kumo

  

L'herbe est blanche
comme de la neige de soie
dix mille araignées 



 

pivoines

 

botan ga saite
tsubomi wo fusegu
hana no kyoudai 

 

Les pivoines fleurissent
et protègent les boutons
fraternité des fleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis certains d'entre nous en ont rédigé d'autres à la maison :


cascade de tes cheveux
dessin accompli du délire
vertige de mes yeux

Grand-père redit le conte
yeux écarquillés
le monde à nouveau ouvert


la marée à son plein
soupir de la nuit
l’aube  se dissipe


les mots enveloppent le jour
la bouche ne se taira plus
confiance du cœur

Contributions de Anne, Yann-Fañch, Uriell...

 

pivoines

cascade de tes cheveux

dessin accompli du délire

vertige de mes yeux

 

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Du temps où les oiseaux parlaient

roitelet huppé

Du temps où les oiseaux parlaient...

La grive musicienne philosophe : « Qui suis-je, qui suis-je... Où vais-je, où vais-je, où vais-je... » 

Le roitelet huppé est réaliste :« Tout petit, tout petit... je suis. »

Roitelet huppé (Regulus regulus) « Regulus regulus0 ». Sous licence CC BY 2.5 via Wikimedia Commons

 

Le pigeon ramier : «Paye la goutte... tonton ! Paye la goutte...tonton !»
Le pigeon mâle dit : «Orrrtense...coues-tu ? Orrrtense...coues-tu ?»
(Ortense couves-tu ?)

et la femelle répond : « i coue, icoue !» (je couve)

 

 Plus coquin, la tourterelle mâle dit :«Veux-tu que j'te trrrrrrousse ? Veux-tu que j'te trrrrrrousse ?» Et celle-ci de répondre : «Trrrrrrousse ! Trrrrrrousse !»

 

Hirondelle rustiqueLes hirondelles revenant de migration :
« sont-i toujour vivants les vius é lès vièlles d'ici ? sont-i toujour vivants les vius é les vièlles d'ici ? » (Sont-ils toujours vivants les vieux et les vieilles d'ici ?)

 

Hirondelle rustique « Landsvale » par I, Malene. Sous licence CC BY 2.5 via Wikimedia Commons 

 

Le corbeau qui regarde un petit oiseau manger un ver en croassant : « est-y gras, est-y gras » et la réponse de l'oiseau « y'a qu'la piau, y'a qu'la piau »

 

Deux petites histoires :

Un fermier est très pauvre et ne peut pas payer ses dettes.
La caille des blés : « paye tes dettes !, paye tes dettes !...»
La perdrix « paiera-t-y paiera-t-y ? »
L'oie dit « j'paierons, j'paierons »
Le canard  «  kan kan kan kan kan kan »
et le mouton « jaméééé »

 

L'Alouette monte dans le ciel chantant à tue-tête, avant de se laisser tomber comme une pierre :
«O n'a l'Bon-Diu qui m'tire au cius, o n'a l'Bon-Diu qui m'tire au cius...»
(Il y a le Bon-Dieu qui me m'attire aux cieux)
Dans le ciel, elle fait une promesse : «P'tit Jésus j'jurè pu, p'tit Jésus j'jurè pu...»
(Petit Jésus, je ne dirai plus de gros mots)
Une promesse qu'elle ne pourra jamais tenir. Elle dit en descendant : «É marde marde marde marde marde » (Et merde,merde, merde...)

Puis recommence...

 Et au fait qui dit « Coupe-li le cou, coupe-li le cou!! » ?

Sylviane

 

Ces mimologismes sont tirés des documents suivants :

 - L’alouette droit dans les cieux, étude d’un mimologisme par Daniel Giraudon
http://danielgiraudon.weebly.com/uploads/3/1/6/3/3163761/mimo_de_lalouette-mlanges_le_duc.pdf

- Chasses de Mazerolle s http://mazerolles.free.fr/html/autres.html

- Aucèls Contes et mimologismes par Géraldine ASENSIO
http://fr.calameo.com/books/000420953a5a069985add

- Dans le Limousin : Jean-François Vignaud est mimologue :
http://www.franceinter.fr/emission-un-bol-de-nature-imiter-le-chant-des-oiseaux
http://www.franceinter.fr/emission-un-bol-de-nature-dialoguer-avec-les-oiseaux-22

- une conférence de l'Université Paris Diderot sur le Mimologisme
http://www.univ-paris-diderot.fr/Mediatheque/spip.php?article379

- Langages sifflés. Actes du colloque des 26, 27 et 28 novembre 1993 à Albi. GEMP/La Talvera cité dans http://www.lamediatheque.be/dec/oiseaux/notes.php

- Gilles Mourgaud « Le chant des oiseaux raconte des histoires »Ouest France Angers - 18 Septembre 2012
  http://www.ouest-france.fr/le-chant-des-oiseaux-raconte-des-histoires-1257398

- Du coq à l'âne de Daniel Giraudon chez Etats De Bretagne
http://danielgiraudon.weebly.com/du-coq-agrave-lacircne.html

- Translinguisme par expression : Cocorico sur Wikibooks
http://fr.wikibooks.org/wiki/Translinguisme/Par_expression/Cocorico

 

   

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Questions, réponses...

Questions, réponses...

 

Autour d'un grand feu de joie, nous avons joué avec les mots : chacun rédigeait des questions, et des réponses pas forcément liées. Un grand vent a tout mélangé.

Nous n'avons pas manqué cette occasion de rire :

Qu'est-ce que la chambre noire ?
C'est une brise qui souffle sur moi.

Qu'est-ce que la philosophie ?
C'est un petit oiseau.

Qu'est-ce qu'une paire d'amis ?
C'est un coquillage qui fait entendre le bruit de la mer.

Qu'est-ce qu'un cornichon ?
C'est un film d'aventures.

éclair au dessus d'une Ville


Qu'est-ce qu'une femme amoureuse ?
C'est la foudre qui nous tombe sur la tête.

 

Qu'est-ce que tu fais ?
C'est une rivière de diamants.

Qu'est-ce que la passion ?
C'est un vrai moment de plaisir.

 


Eclair au dessus d'une ville - National Oceanic and Atmospheric Administration

Qu'est-ce que l'arrogance ?
C'est que du bonheur.

 

Qu'est-ce que l'Univers ?
C'est de la lumière qui vient de la Terre et qui monte vers le Ciel.

 

Qu'est-ce qu'un nuage ?
C'est la panique !

 

Qu'est-ce que moi ?
C'est du pipi de chat, le soir à la pleine lune.

 

Qu'est-ce qu'une épée ?
C'est Truffau, le chien le plus intelligent que je connaisse.



   

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La première fois, quater...

 

La première fois, quater...

 

UriellAvant d'arriver à Il Etait Une Fois, j'avais déjà eu l'occasion de conter un peu en autodidacte, en colonie de vacances par exemple.
Lors d'un atelier avec Rémy, j'ai voulu travailler une histoire que je préparais pour une racontée privée organisée par des amis. C'était une histoire difficile : un peu longue et surtout avec un passage très triste qui faisait rouler mes larmes à chaque fois que je me racontais cette histoire à moi-même.
Cette première racontée en atelier s'était bien passée. Je n'ai pas pleuré, ni à cause de mon histoire, ni parce que Rémy aurait été méchant avec moi (il est gentil, Rémy, hein ?).


Vint le jour de cette fameuse racontée, où Sylviane m'a accompagnée avec Yves. C'était le vernissage d'une exposition de peintures et de sculptures, avec en guest star : David PASQUEEEEEEET, en personne ! Il nous a merveilleusement accompagnées à la guitare, Sylviane et moi, pendant nos histoires.

Hélas, les visiteurs de l'expo n'étaient pas forcément venus écouter des contes : beaucoup discutaient au fond de la salle, ce qui formait un bruit de fond franchement désagréable (n'est-ce pas Sylviane ?).


J'ai commencé ma longue histoire...et au passage le plus dramatique, je n'ai pu que constater que...toute la salle était captivée par le conte : silence total, lourd d'émotion.
Premier effet magique du conte.


Mais cette émotion ne m'a pas concernée : aucune tristesse en moi n'a fait rouler les larmes, ou nouer la gorge. La narration m'a laissée neutre et détachée bien que totalement impliquée. C'est comme si le public ressentait les émotions à ma place...
Deuxième effet magique du conte.


Etonnant non ?

Uriell.

   

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La première fois, ter...

La première fois, ter... 

Anne au Festival Interceltique de Lorient 2012

 

C’était il y a plus de vingt ans. J’avais entendu la randonnée” Le chat et le perroquet” et moi qui n’avais jamais rien conté,  j’ai entrepris de la dire à mes élèves ,des CM2 de dix à douze ans. Quand j’ai annoncé un conte, ils m’ont regardé avec un air plus qu’ironique signifiant que les contes c’était juste  bon pour les petits. Pourtant, petit à petit, leur regard a changé et ils se sont tous laissés prendre au jeu des répétitions. Ils n’ont jamais su qu’une vocation de conteuse était née ce jour-là et que, depuis, je me retrouve toujours avec autant de plaisir devant un public d’enfants.”
 Anne.

 

Thierry au CityDe ma 1e fois, il y a bien 30 ans de cela, je me rappelle avoir débarqué pour mon 1er atelier fier comme 1 coq, avec MON histoire : "La Tête Noire". C'était au foyer Soleil devant Jude Le Paboul et quelques "grands anciens". Tellement content d'avoir montré mon "talent", je n'ai même pas entendu les critiques qui ont suivi. C'était prétentieux de ma part, cependant, quelques années plus tard, "La Tête Noire" m'a permis de passer le 1er tour du concours amateurs de Chevilly Larue. Même si je ne l'ai pas racontée depuis longtemps, elle est toujours à mon répertoire.

[Mais] la 1e fois que j'ai VU mon public, je racontais "Celui qui avait toujours froid" de Claude Seignolle, histoire qui me tient particulièrement à cœur. D'habitude, je survole l'assistance, sans m'arrêter sur les visages et leurs expressions, mais là, vas savoir pourquoi, j'ai embrassé du regard tout un groupe de personnes : elles étaient suspendues à mes lèvres, gagnées par l'émotion que j'arrivais à transmettre !... Ça m'a réjoui, bien sûr, mais le temps d'1 ou peut-être d'1 ½ seconde, ça m'a complètement déstabilisé et, tant j'étais stressé, je ne me souviens plus du tout comment j'ai terminé mon conte. Maintenant, j'arrive mieux à gérer mon émotion et "Voir son public" est, pour moi, un instant rare et précieux qui n'a dû m'arriver que 2 ou 3 fois, quand je suis vraiment bien dans mon histoire et que je suis "porté" par l'auditoire.

Thierry

Et ce n'est qu'un début...

   

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